La société Öyun a produit le film documentaire intitulé "Watan" réalisé par Abd-Samad Charaf:
"Ce documentaire retrace le passage des français dans la région de Midelt et de la haute Moulouya au Maroc Oriental au début du siècle dernier et décrit l'évolution qu'a connu la région vu la richesse minière que recelait son sol notamment le minerai de plomb et qui était un facteur important pour lancer la construction du premier barrage hydraulique du Maroc et le lancement de l'exploitation minière.
Ainsi la petite ville perdue dans l'arrière pays au pied de la montagne El Ayachi, culminant à 3757m, troisième sommet du Haut Atlas, fut la première ville du Maroc à être électrifiée, bien avant Rabat.
Du côté nostalgique et mystérieux, le film retrace une période faste qu'a connu la ville de Midelt grâce aux mines de plomb, ce qui a conduit au passage de nombreuses familles et à la construction de nombreux édifices de style colonial, esthétiquement admirés.
De même l'histoire d'une voie ferrée, stratégiquement importante à l'époque et totalement méconnue de nos jours, qui liait autrefois Midelt à Alger et dont le dernier voyage a eu lieu en 1945.
Situées à 25 km de Midelt, les cités minières de Mibladen et Aouli sont à l'abandon depuis la fermeture de la mine il y a des décennies suite à la chute du cours du plomb. Ainsi la mine, autrefois source de richesse de la région, qui était exploitée à l'époque par la société " La Penaroya" laisse ses galeries portes ouvertes aux visiteurs et aux collectionneurs de minéraux tel que la vanadinite.
Un petit commerce de ces minéraux s'installe.
Une visite à la mine, guidée par un chasseur de minéraux de collection, à une profondeur de 1000 mètres environ, montre ces précieux minéraux qui sont récoltés et filmés en défilé.
A 11 km de Mibladen, on découvre la cité d'Aouli située entre les flans du fleuve Moulouya,il s'agit d'une ville minière, aujourd'hui totalement abandonnée et inhabitée.
En effet, en franchissant l'ancien pont en bois, seul accès à la cité, on se heurte à une ville fantôme où règne silence et désolation. Des habitations et des édifices évoquent un passé glorieux de la cité où des familles d'ouvriers et de responsables français vivaient.
A ce sujet une lettre écrite par l'enfant d'un agent de l'époque, qui vit actuellement en France, nous raconte des souvenirs et nous décrit la vie dans cette ville à l'époque, est évoquée dans ce documentaire.
Quittant la cité minière et de retour à Midelt, pour visiter le seul club toujours en activité depuis l'époque, il s'agit de "l'hôtel El Ayachi", ex club privé de la Panaroya.
L'établissement avec ses meubles et sa décoration d'antiquités est d'une rareté exceptionnelle.
D'un tableau sous forme d'une carte accrochée au mur de l'ex club, peint par un français autrefois passionné par Midelt et sa région et qui illustre le chemin qui mène à la vallée et ses Kasbahs nous plongeons dans l'histoire de la région bien avant l'arrivée des français où le docteur Mouhib "médecin de la ville et historien" nous raconte l'histoire des Outats et leurs colonies composées de Kasbahs où vivent en symbiose musulmans et juifs symbole d'une grande tolérance même à l'époque.
Une visite en beauté à la Kasbah des Noyais "la plus ancienne" largement visitée par les touristes
Nous découvrons également une kasbah exceptionnelle, nommée Kasbah Meryem, où se trouve le seul et unique atelier des soeurs franciscaines au Maroc. Cet atelier aide les femmes de la région à apprendre la broderie.
Madame Nicole DEBONO responsable de l'atelier nous a accueillis et présenté l'atelier et ses activités. Elle nous a montré le travail magnifique de broderie fait par ces femmes.
De l'autre côté de Midelt une randonnée en jeep dans un cirque d'une nature encore vierge avec des gorges enneigées et des grottes préhistoriques, nommé le Cirque de Jaafar en mettant en évidence les différents aspects touristiques de Midelt et sa région.
Pour finir le documentaire en beauté, nous rendons visite à un peintre de la ville qui a vécu son enfance dans la cité minière de Mibladen, méconnu par le public, mais ses tableaux sont d'une beauté et d'une richesse artistique incontestables.
Fin du documentaire."
(Article de Öyun le 19 mars 2007)